lundi 19 mars 2007

Infini
Réalisateur : Guillaume Fortin
Monteur : Stéphane Lafleur
2001

Résumé
Alors qu’une jeune fille lutte difficilement pour survivre, sa vie défile dans sa mémoire sous la forme de flashbacks… Selon une croyance bien connue, c’est ce qui se produit quand quelqu’un est sur le point de mourir. Mais est-il possible qu’une personne, au même titre qu’un monteur de film, s’occupe de cette tâche? Telle une œuvre cinématographique, notre vie serait en fait constituée de petits bouts de pellicules filmiques mis bout à bout dans nos têtes…

Nul doute qu’Infini est impeccable sur le plan de l’esthétique. Le monde du réel et de la fiction sont représentés de façon différente : les plans tournés à l’hôpital offrent un éclairage plutôt surexposé, pour donner un contraste blanc éclatant, et ceux tournés dans le cerveau de la jeune fille, qui offrent une ambiance très froide, très cadavérique. Le réalisateur a opté pour des gros plans et des très gros plans afin qu’on se sente très actif en tant que spectateur dans l’histoire. Ces plans, combinés au montage, contribuent à donner un grand sentiment de stress face à ce qui se déroule sous nos yeux, à la vitesse de l’éclair.

Le montage sonore contribue également à cet effet de tension. Sans aucune musique, les sons ajoutent au film une espèce de frénésie qui se mélange parfaitement à l’univers un peu étrange des deux mondes. Le montage image est aussi excellent, il y a de bonnes analogies visuelles, plusieurs mouvements et de raccords d’idées. Monté habilement de façon parallèle (confrontation efficace entre le réel et l’imaginaire), Infini est en fait un film entonnoir donnant beaucoup de fil à retordre au spectateur, qui doit toujours faire des liens entre les actions présentées. Donc, le montage est parfois discursif (car il est fragmenté et montre des raccords d’idées), parfois de correspondance (car il présente des connexions aléatoires et une certaine simultanéité entre les actions).

Finalement, il est peu dire que l’idée est totalement originale et que le scénario l’est tout autant. Au début, on ne comprend pas immédiatement vers où le film se dirige. Par la suite, on embarque à 100% dans l’histoire, jusqu’à la toute fin. Pour mieux apprécier, il est nécessaire de le voir deux ou trois fois, juste pour voir tous les détails, les raccords d’idées et les liens entre les images.

Cote : 9,5/10

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