dimanche 25 mars 2007


Marie Dormante
Réalisateurs
: Bruno Santerre et Geneviève Desautels
Montage : Lynn St-Germain et Geneviève Desautels
1994

Marie, jeune femme atteinte de sclérose en plaques, est confinée dans une chaise roulante. Encore sous les ailes protectrices de sa mère, elle habite dans un petit appartement et fait appel à des préposés aux bénéficiaires pour s’occuper d’elle. Un jour, Marie reçoit la visite d’un nouveau préposé, un homme avec qui elle entretiendra une étrange relation.

L’esthétique de Marie Dormante fait très «années 80». Ce court métrage de fiction rappelle les films du courant impressionniste. Les réalisateurs ont misé sur des gros plans sur les personnages, pour qu’on voit l’intimité qu’il y a entre les deux protagonistes. L’éclairage dur et sombre et la caméra dans les espaces clos forcent le spectateur à se sentir prisonnier, tout comme Marie, dans sa maison.

Tout le récit est basé sur la volonté, le désir et un certain paradoxe. En effet, on peut voir Marie comme étant une femme contrôlée, mais malgré tout c’est elle qui joue le vraie rôle de manipulatrice. Au début du film, on présente la relation entre la mère et sa fille. L’action commence lentement afin de bien montrer le rapport qu’il y a entre les personnages. On ressent un drôle de malaise et une tension face à cette scène. Puis, le film change carrément de trajectoire dès que Marie et son préposé s’enferme dans la salle de bain. L’ambiance devient orange, chaude et l’intimité s’installe dans un tourbillon de passion entre les deux inconnus… Et on retourne habilement à la réalité par la suite.

Du côté du montage, la scène érotique est mise à l’avant avec les fondus enchaînés et constitue une ellipse qui étire énormément la durée du film. Sans dialogues, elle a beaucoup plus d’impact et les monteuses ont voulu garder les paroles pour donner de l’information seulement. Il y a très peu de sons, ce qui contribue au réalisme du film et la musique est seulement utilisée pour la scène érotique, afin de lui donner un ton particulier.

Ce qui est le plus frappant dans Marie Dormante, c’est le jeu des deux comédiens, Luc Picard et Marie-Hélène Montpetit. À l’écran, ils ont réussi à montrer une certaine affection et intimité. Luc Picard, dans le rôle du préposé, joue avec brio le personnage mystérieux qui se révèle, puis qui se laisse rejeter par la jeune femme à la manière d’une «escorte». Marie, quant à elle, se veut une muette au corps endormi au début du film, mais devient peu à peu la manipulatrice. Bref, Marie Dormante est beaucoup plus une performance d’acteur qu’une œuvre intéressante pour ses qualités techniques et esthétiques.

Cote : 6/10

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